Iran, Chypre, Ormuz : la France s'engage et l'Amérique vacille

Dans l’émission Bercoff sur le vif diffusée sur TOCSIN le 10 mars 2026, Bernard Wicht analyse le déploiement naval annoncé par Emmanuel Macron depuis le porte-avion Charles de Gaulle, en rade de Chypre : frégates, porte-hélicoptères amphibies et porte-avion positionnés de la Méditerranée orientale à la mer Rouge et au large du détroit d’Ormuz.

Si Macron présente cette opération comme « purement défensive », Wicht y voit surtout le signe d’un tournant stratégique majeur : l’Iran est en train de devenir la première puissance régionale à tenir tête aux États-Unis. Grâce à une stratégie low cost / low tech basée sur des missiles et des drones produits en masse, Téhéran a retrouvé la masse face au high tech / high cost américain, confirmant ainsi la prospective formulée dès 1997 par l’ancien haut fonctionnaire du Pentagone Jacques Gansler.

Wicht dresse un constat sévère de la puissance militaire américaine : stocks de missiles antimissiles (THAAD) quasi épuisés et impossibles à reconstituer rapidement, dépendance aux sous-traitants chinois frappés par l’embargo sur les terres rares, cannibalisation des F-35 faute de pièces détachées, incidents répétés de maintenance opérationnelle en mer. Il rappelle que la Suisse, qui a commandé le F-35 et le Patriot, risque de ne jamais les recevoir, les États-Unis étant incapables de couvrir leurs propres besoins. Son pronostic : Washington cherchera à sortir du conflit en faisant valoir quelques succès symboliques avant de « rentrer à la maison ». Face à la pensée stratégique occidentale qui veut des résultats rapides, l’Iran joue la durée.

Voir l'entretien sur TOCSIN — Bercoff sur le vif (10 mars 2026).




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